Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 17:43

 

On reproche souvent au gauchisme de ne guère faire preuve du sens de la mesure, de ne pas s'encombrer de nuances.

Il semble que Nathalie Arthaud, représentante de Lutte ouvrière et candidate à la présidentielle 2012, a souhaité confirmer cette impression, en y allant à son tour de sa comparaison douteuse et malsaine.

Saisie par cette sensibilité maladive qui caractérise le militant trotskiste depuis toujours, Nathalie Arthaud s’est penchée sur le sort d’un territoire dont les habitants ne peuvent sortir, où règne une certaine pauvreté, à cause d’un embargo. On se demande alors ce qui peut bien l’amener soudainement à évoquer ainsi le sort des Cubains, qui a peu de chances de jouer un rôle décisif dans cette campagne présidentielle finissante. Et, bien qu’éprouvant peu de sympathie envers les régimes dictatoriaux d’obédience communiste, on se dit qu’elle pousse le bouchon un peu loin en comparant cette partie du monde à « un camp de concentration à ciel ouvert ».

« Tu n’y es pas, me souffle mon ami Jean à l’oreille. Ce n’est pas Cuba qu’elle évoque dans sa déclaration, mais la bande de Gaza. »

Ah ! mince, quelle erreur ! Mais comment ai-je pu confondre ? Bon dieu, mais c’est bien sûr ! Rappelons-nous… tous ces missiles envoyés par les déportés d’Auschwitz sur l’Allemagne…

 

 

 

Par Floréal - Publié dans : Les billets de Floréal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 18:08

 

Connaissez-vous cette histoire du temps de l’Union soviétique ? La nouvelle concernant un important arrivage de viande ayant circulé, une gigantesque file d’attente se forme devant le magasin où la livraison est attendue. Les heures passent… Rien. Arrive un commissaire politique, qui annonce que la quantité de viande attendue sera moins importante que prévu. Il demande alors aux juifs de faire un pas en avant. Ces derniers obéissent aussitôt. Le commissaire politique leur ordonne illico de rentrer chez eux. Plusieurs heures s’écoulent encore… Toujours rien. Le même commissaire politique revient. Il précise qu’il n’y aura pas assez de viande pour tout le monde. Il demande aux non-membres du Parti de faire un pas en avant, puis leur ordonne de rentrer chez eux à leur tour. Quelques heures passent encore… Le commissaire politique intervient à nouveau pour annoncer que, finalement, il n’y aura pas d’arrivage de viande. Et aussitôt, tous les présents de crier en chœur : « Ouais, c’est dégueulasse ! C’est encore les juifs qui s’en sont bien sortis ! »

Cette histoire – et sa chute en particulier – pourrait parfaitement illustrer certaines réactions assez immondes que les récents et tragiques événements de Toulouse ont fait naître.

Il y a d’abord ces belles âmes qui, invariablement, dès qu’une agression, un attentat ou un crime est commis sur le sol français contre des juifs, éprouvent aussitôt l’irrépressible envie de publier sur leur blog, leur site internet, leur « mur » facebook, des photos où flotte majestueusement le drapeau palestinien. Dites-leur que les plus importants assassins d’enfants de musulmans à travers le monde sont indéniablement d’autres musulmans ; rappelez-leur par exemple, puisque ce curieux et désagréable petit jeu des comparaisons meurtrières les inspire, qu’en matière de sauvagerie scolaire les forces spéciales de Vladimir Poutine s’illustrèrent en une seule journée « mieux » qu’un Etat du Proche-Orient, causant le massacre de 186 enfants, le 3 septembre 2004 à Beslan, en Ossétie du Nord, rien n’y fera. Leur haine obsessionnelle et fanatique envers Israël, dont tous les juifs de France ne sont pas des supporters acharnés, les aveugle, au point de les rendre parfaitement odieux dans ces moments où l’idéologie et la politicaillerie devraient pourtant s’effacer devant la plus élémentaire humanité.

Il y a ensuite l’auteur de ce texte paru sur Bellaciao, site internet qui, certes, fournit des informations tenues sous silence par le médiatisme officiel, mais où s’agglutinent le plus souvent toutes les aigreurs et tous les délires de l’extrême gauche agitée, dans ce lourd vocabulaire militant particulier que ni vous ni moi n’employons, même quand il nous arrive de perdre les pédales. Réservant son inquiétude à la seule population française de confession musulmane, au lendemain de l’assassinat effroyable de trois enfants juifs de 3 à 7 ans, cet autre grand humaniste ajoute : « C’est encore les juifs qui vont passer pour des victimes. »C’est à des détails comme ceux-là qu’on reconnaît la légendaire sensiblerie du gauchisme.

Il y a enfin cette lectrice de l’hebdomadaire « Télérama », une « indignée » – c’est très tendance ! –, qui proteste, dans son courrier, contre le traitement médiatique inégal réservé, d’un côté, à la tuerie de Toulouse et, de l’autre, à la mort accidentelle de trois jeunes filles roms sur une autoroute. « Certains enfants valent plus que d’autres ? »,demande-t-elle à son tour du fond de sa campagne et de sa bêtise crasse.

Entendez-les tous, comme dans la blague : « C’est encore les juifs qui s’en sont bien sortis ! »

Par Floréal - Publié dans : Les billets de Floréal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 18:17

Grand ami de l’animateur culturel Laurent Ruquier, le Pierre Dumayet du petit écran d’aujourd’hui, Moi-Onfray, philosophe pour caméras et micros, paradait une fois de plus, samedi dernier, dans l’émission « On n’est pas couché », devant un parterre de chroniqueurs comme il faut, et surtout comme il les aime, admiratifs, à l’érudition et au sens critique avoisinant, dans les moments d’intense réflexion, ceux d’une limande-sole.

Evoquant, non sans raison, l’influence que l’œuvre et le comportement de Jean-Paul Sartre exercent encore de nos jours sur certains beaux esprits, Moi-Onfray livre alors quelques titres de publications diverses où ces derniers s’expriment. Et quelle n’est pas notre surprise de l’entendre soudainement déclarer, avec cet aplomb qui ne le quitte jamais : « Le Monde libertaire est resté un journal sartrien. »

On savait déjà Moi-Onfray, au risque d’entacher quelque peu la perfection dont il se pare, capable de proférer d’invraisemblables stupidités. Les bons connaisseurs de Proudhon, de Bakounine ou de l’Espagne libertaire n’ont jamais manqué de travail lorsqu’il s’agit de les répertorier. Le ton péremptoire avec lequel il les assène suffit simplement à impressionner les naïfs et les ignorants. Mais Moi-Onfray a manifestement choisi, vis-à-vis du mouvement anarchiste, de certains de ses militants et de ses moyens d’expression, de passer à une autre étape, qu’on pourrait d’ailleurs aisément qualifier de sartrienne : celle du mépris, du ragot ou de la calomnie.

Son dernier livre, consacré à Albert Camus, reste à cet égard édifiant. Après y avoir traité le mouvement libertaire d’hier avec dédain et condescendance, Moi-Onfray eût sans doute apprécié que celui d’aujourd’hui s’exclame « encore ! encore ! », réclamant de Sa Majesté davantage de crachats et d’arrogance. Mais voilà, Le Monde libertaire, tournant le dos à la seule attitude que le Maître tolère, l’idolâtrie béate, a pris d’heureuses distances avec l’ouvrage de Moi-Onfray, abandonnant à des Franz-Olivier Giesbert et des Laurent Ruquier le bonheur de le considérer comme un chef-d’œuvre. Le philosophe du samedi soir n’a pas aimé…

Chacun pourra aisément vérifier, bien sûr, combien la déclaration de Moi-Onfray, ce soir-là, atteint des sommets de connerie épaisse. Il suffit pour cela de se reporter à ce qui a pu paraître dans le journal de la Fédération anarchiste au sujet de Camus, d’un côté, et de Sartre, de l’autre, notamment dans la période où Camus fut violemment attaqué et calomnié après la parution de L’Homme révolté. On consultera avec profit, également, l’article paru dans Le Monde libertaire à l’occasion de la disparition de Jean-Paul Sartre, sous la plume de Maurice Joyeux, qui souligne clairement toute l’antipathie que ce journal et ses rédacteurs éprouvaient envers ce philosophe et ses écrits. Faut-il rappeler, par ailleurs, que si Camus collabora régulièrement à la presse libertaire, Sartre n’y écrivit jamais une seule ligne ?

Mais plus encore peut-être que l’énormité de sa petite phrase minable, c’est le lieu choisi pour en faire état qui laisse pantois. Choisir la télévision et l’une de ses émissions-poubelles pour régler ses comptes avec un journal militant coupable de ne pas l’admirer sottement n’est guère à l’honneur d’un intellectuel qui se veut l’héritier de Camus. C’est indigne. C’est de l’Onfray.

J’en ai la nausée…

 

Par Floréal - Publié dans : Les billets de Floréal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 18:55

 

  Ainsi donc, Vladimir Poutine se voit confier officiellement un pouvoir qu’il n’avait jamais perdu, dès le premier tour de l’élection présidentielle russe, avec 64% des suffrages exprimés.

Entré au KGB au sortir de l’adolescence pour en sortir, trente ans plus tard, au grade de lieutenant-colonel des flics et mouchards socialistes soviétiques, le tout à la fois ancien et nouveau président de Russie doit uniquement sa formation d’homme politique à cette glorieuse officine qui contribua au bonheur légendaire du prolétariat de là-bas, malgré les menées subversives de quelque quatre-vingts millions de contre-révolutionnaires avérés.

C’est dire que le bonhomme fut à bonne école. Or, lorsqu’une élection avait lieu dans l’ancien empire soviétique, souvenez-vous, le candidat du Parti, très souvent d’ailleurs, si ma mémoire est bonne, le seul à se présenter, triomphait invariablement dès le premier tour, lui aussi, mais avec 99,8% des voix ! Certes, il arrivait parfois, dans les périodes de fort mécontentement populaire, que ce score n’atteigne qu’un petit 99, 4%, mais tout de même, ça avait de la gueule !

Personne ne me fera donc croire qu’un tel pur produit de l’ancienne mafia rouge, disposant de tous les réseaux d’influence, ayant fait main basse sur les médias, régnant partout et sur tout, comme naguère le Parti dont il est issu, ait pu être élu avec un score aussi bas. Cela ne peut s’expliquer, j’ose l’affirmer, que par une fraude massive dont s’est rendue coupable l’opposition russe à Vladimir Poutine. Il serait temps d’en finir avec elle et d’en revenir à des résultats électoraux significatifs. Le goulag, peut-être ?

 

 

Par Floréal - Publié dans : Les billets de Floréal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 18:26

L’autre jour, l’ami Jean et sa sœur Bernadette sont venus déjeuner chez moi. J’avais, pour l’occasion, acheté trois beaux steaks probablement hallalisés car provenant de la boucherie du coin, la seule ouverte, dans un quartier populaire de Paris. De son côté, l’ami Jean avait pensé à la boisson et apporté une bonne bouteille de vin rouge venue de l’épicerie casher dudit quartier, la seule encore ouverte ce jour-là. Pour faire bonne mesure, et en plaisantant, Bernadette avait pris soin, à l’aide d’un couteau, de faire le signe de croix sur la baguette de pain avant de la couper en tranches. Depuis ce jour et ce repas funeste où les dieux nous bénirent malgré nous, la contamination opère. Il ne nous est plus possible d’entretenir une conversation sans qu’elle tourne illico à l’engueulade et au pugilat. Le conflit israélo-palestinien, les cantines scolaires, le mariage des prêtres, tout nous oppose désormais, quand nous étions naguère d’accord sur tout, du temps où nous déjeunions ensemble chez Roger la Frite en bouffant du curé à toutes les sauces. Bon appétit !…

Par Floréal - Publié dans : Les billets de Floréal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Qu'on les juge

Derniers Commentaires

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Créer un Blog

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés